[+] AFP: Une "fête des amoureux" séropositifs, un pied-de-nez au virus du sida (REPORTAGE)

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Lun 12 Fév 08:28:57 EST 2007


Une "fête des amoureux" séropositifs, un pied-de-nez au virus du sida
(REPORTAGE)
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Par Sophie LAUTIER

PARIS, 12 fév 2007 (AFP) - Ils seront des dizaines, peut-être une
grosse centaine mercredi : une "fête des amoureux" s'organise pour la
Saint-Valentin dans un bar populaire de Paris pour les personnes
séropositives, célibataires ou en couple, une manière de rappeler que
"le VIH ne tue pas l'amour".

"Le VIH ne tue pas l'amour, il peut le compliquer. L'épidémie est là,
et depuis le début nous avons appris à aimer, à faire l'amour, à
élever nos enfants, à s'occuper de nos familles, malgré l'injustice
de la maladie", explique Reda Sadki, président du Comité des familles
et animateur du site papamamanbebe.net, à l'initiative de la fête.

Cette association réunit régulièrement des séropositifs et leurs
familles, en quête de vie normale, pour des soirées de discussion ou
des moments festifs. Pour la Saint-Valentin, les membres du Comité
parlent de leurs expériences amoureuses.

"Si ça te gêne, on arrête de suite!", Nadia, 42 ans, reconnaît avoir
été un peu abrupte au moment d'annoncer sa séropositivité à son
compagnon, de 13 ans son cadet, une semaine après le début de leur
relation. Elle était déjà divorcée et mère de trois enfants, ils
avaient eu le "coup de foudre".

"Il m'a rassurée", se remémore-t-elle avec un sourire songeur, elle
qui a maintenant "plus peur pour lui que pour elle". "Si je le
contaminais, ma vie serait finie".

Sonia (prénom modifié) n'a pas eu autant de chance. Après une
histoire compliquée avec l'homme qui l'a contaminée sciemment et dont
elle a une petite fille, elle espère encore rencontrer quelqu'un. "Un
séronégatif ? Je n'y crois pas, mais bon..." Le dernier l'avait
"serré fort dans ses bras" après qu'elle lui eut révélé son état et
ne l'a "jamais rappelée" à compter du lendemain matin.

Cette trentenaire soignée s'est alors inscrite sur un site de
rencontre de séropositifs, parce que "c'est plus simple".

"Annoncer ta séropositivité, ce n'est pas un chemin que tu as envie
de refaire 36 fois", explique Jean-Pierre. La découverte de son
infection, en 1992 a été un "choc", suivi de plusieurs années
d'abstinence, un bouleversement qui s'ajoute à une homosexualité qui
avait déjà été "difficile à assumer".

Pour lui, c'est sûr, séronégatif, il aurait été "amoureux de la même
manière" mais le virus pèse quand même dans son histoire avec l'homme
qu'il fréquente depuis 3 ans.

Pourtant certains couples "sérodifférents" arrivent parfois à oublier
le VIH (virus de l'immunodéficience humaine). "On sort, on travaille,
on se dispute aussi, comme tout le monde!", assure Daniel (prénom
modifié).

Et sa compagne de renchérir: "C'est vraiment une preuve d'amour de
dépasser tout cela mais je n'aurais pas pu rester avec lui uniquement
parce qu'il m'acceptait +séro+. Je l'aimais avant, je l'aime
maintenant pour les mêmes raisons", assure Ariane (prénom modifié).

Comme beaucoup de couples, ils ont eu envie d'un enfant. Certes, la
grossesse a fait l'objet d'un suivi médical poussé mais leur petite
fille d'un an, séronégative, se porte comme un charme.

Un détail vient quand même s'immiscer dans l'intimité de ces couples:
le préservatif, masculin ou féminin, indispensable outil de protection.

Bénédict (prénom modifié), jovial entrepreneur de presque 40 ans,
l'appelle son "compagnon de caoutchouc". Selon lui, "c'est la seule
chose qui a changé". "Sinon je vis comme un citoyen lambda".






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